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Le rapport de l’Ecole Bristol Grammar

22 Octobre 2007

Mon premier voyage scolaire « d’aventure » en tant que professeur s’est déroulé au Maroc en octobre 1995 avec une entreprise nommée Discover Limited—nous étions, je crois, le premier groupe issu d’une école à rester à la Kasbah du Toubkal. Je ne me souviens pas exactement comment j’avais pris contact avec eux—probablement une annonce dans un exemplaire de Teaching Geography. Le voyage s’est très bien passé, une expérience de vie bouleversante pour nous tous. Et pour moi, le début d’une passion, celle d’emmener les étudiants dans des lieux fascinants: de la rencontre du Dalai Llama dans l’Himalaya indien à la découverte du sommet de Cotopaxi en Equateur.

Les expéditions scolaires d’une durée d’un mois tournaient surtout autour de trekking et d’alpinisme mais elles incluaient également depuis toujours des projets communautaires avec les enfants. Ces projets ont toujours rencontré un franc succès, et nos étudiants y apprenaient beaucoup—surtout sur eux-mêmes, leur vie, et sur l’apport d’autrui. A notre retour, nous avions pris l’habitude de continuer notre récolte de fonds pour ces projets parmi lesquels un orphelinat à Ulaan Baatar et une école à Ladakh. Néanmoins, la situation géographique éloignée de ces projets ne permettait pas des relations à long terme et il y avait peu de chance pour que nous y retournions.

J’avais gardé le contact avec Discover Ltd depuis ma première rencontre avec eux. En découvrant le projet Education For All, j’y ai vu la possibilité de gérer un voyage d’une plus petite envergure, d’ y développer des liens plus solides et de faire partager à nos élèves une expérience plus grande dans la récolte de fonds, l’organisation et le travail avec les jeunes enfants. De plus, j’ai réalisé que ce serait une belle opportunité pour les étudiants ne pouvant s’engager pour 18 mois de préparation, stage et récolte de fonds, et ne pouvant se permettre des dépenses de plusieurs centaines de pounds que les expéditions plus longues impliquent. Un voyage de 8 à 10 jours avec un coût de moins de 1000 £ et 2 trimestres de préparation est un projet beaucoup moins intimidant.

Le premier voyage a été planifié en septembre 2006, prévu pour 8 jours en 2007 à Pâques. J’ai demandé aux étudiants de postuler au voyage, et dans leur lettre de motivation d’expliquer comment ils récolteraient 200 £ pour le projet. La condition pour faire ce voyage était d’être capable de récolter des fonds. J’ai organisé une réunion avec les élèves et leurs parents dans le but de définir les objectifs du voyage et les attentes en terme de récoltes d’argent. Les « règles » étaient très clairs: les étudiants étaient libres de choisir le moyen de payer le voyage. En revanche, les 200 £ devaient provenir d’événements spécialement mis en place pour une récolte de fonds, et ne devaient pas être donnés par les parents. J’ai limité le nombre de personnes dans le groupe à 12, et en octobre 2006 notre récolte de fonds a commencé. Durant plus de 12 ans, j’ai appris à laisser la gestion des récoltes entre les mains des étudiants, ne leur apportant qu’un soutien et de bons conseils dans la mise en place de leurs plans. Nos récoltes de fonds variaient de l’ascension du Toubkal par un individu, à l’ascension d’un mur jusqu’aux stands de bijoux présentés aux foires artisanales, aux sacs à dos au supermarché, à des rafraîchissements offertes durant certains événements, à l’organisation de soirées à l’extérieur, et à l’utilisation du site de l’école pour les nombreux acheteurs de Noël. Pour ma part, j’ai sponsorisé une « évasion de l’école » dans laquelle un collègue et moi-même avons été sponsorisés pour marcher/courir aussi loin que possible en un week-end ! L’objectif était modeste et fut atteint lors de quelques grands événements. Mon but de récolter 2400 £ a été dépassé au premier trimestre et nous avons amassé 4200 £. Les parents se sont également impliqués et ont soutenu le projet.

L’un des avantages de la récolte de fonds pour ce projet était que 100% des fonds levés seraient destinés à Education For All. Dans d’autres expéditions, les fonds sont récoltés principalement pour subventionner les coûts des étudiants qui y prennent part. Et cela rend beaucoup plus difficile nos demandes de donations.

Je pense que lever des fonds donne aux étudiants de formidables opportunités d’apprentissage. Personne ne donne de l’argent facilement—il faut être convaincant. Les étudiants découvrent qu’établir des plans est facile, mais les mettre en pratique et transformer les paroles en action l’est beaucoup moins. Au cours du voyage, vous apprenez beaucoup sur vous-même, sur votre capacité à diriger et sur ce qui fait le succès d’une équipe.

Il y a également toute une recherche quant à ce qui doit être fait au Maroc. Les étudiants imaginent au départ qu’ils peuvent occuper la place d’animateur auprès de groupes d’enfants marocains de la même façon que lorsqu’il s’agit des enfants de nos écoles. Très vite ils réalisent que ce n’est pas la même chose. Nous avons donc passé du temps à choisir les activités pour les enfants marocains. Au printemps, l’équipe d’étudiants a passé une après midi par semaine à travailler sur les activités à proposer aux enfants à Asni et à coordonner les récoltes de fonds.

Notre voyage a duré 8 jours à Pâques. Nous avons passé 3 superbes jours à Asni, apportant notre aide en posant les fondations de l’école et en jouant avec les enfants de la ville. Il était évident que ce projet se faisait avec l’aide des habitants de la ville et nous étions accueillis avec beaucoup de chaleur. L’équipe a réalisé l’importance du travail préalable de préparation lorsque vous devez vous occuper de 60 enfants pendant toute une après-midi. J’étais ravi de voir à quelle vitesse les liens se tissaient et les barrières se brisaient. Nous avons ensuite passé quelques temps à faire du trekking dans les alentours d’Imlil avant de retourner à la Kasbah. J’y étais déjà rendu auparavant mais en 12 ans, jamais je n’y étais encore allé avec un groupe scolaire. Une première!

Marrakech est l’une des plus fascinantes villes du monde et un endroit fantastique pour terminer un voyage.

Andrew Dimberline
Président de Leadership Development
Ecole Bristol Grammar

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